L'histoire de CRAMOISY par ses cartes postales

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L'Eglise

L'église de Cramoisy parait avoir été construite à plusieurs époques (XIIe et XIIIe siècles). Le clocher placé à côté du chœur est roman, à deux rangs superposés d'arcades à corbeaux ornés de figures. Le reste est gothique.
L'élévation du clocher était de 14 mètres. Son toit autrefois était en bâtière. (Toit à deux versants, les deux autres côtés formant pignons).
L'église a du être en partie détruite, comme la plupart des édifices religieux du comté de Clermont, pendant les guerres des Anglais et des Bourguignons, Les gros décimateurs (percepteurs de l'époque) ayant à leur charge le chœur, ont pu reconstruire ces parties dans le style du temps. Comme le reste était à la charge des manants, dont la misère était extrême, la nef ne fut reconstruite qu'imparfaitement. D'ailleurs la population de Cramoisy sortit bien lentement des misères occasionnées pendant la guerre de Cent Ans (1334-1475).

La sacristie de l'église fut établie en 1790 dans l'endroit où était gardé l'autel de la Sainte Vierge. C'est cette année là que furent construits les bancs du choeur. Cette sacristie remplaça celle qui existait de l'autre côté du choeur "à l'emplacement de la route de Saint-Leu qui n'a été faite que vers 1890" et qui avait été établie en 1654 par Rolland de Perthuis, qui est enterré avec son épouse à l'intérieur de l'église.
Le 16 août 1718 furent baptisées trois cloches. La grosse eut pour parrain Charles-François de Luxembourg, duc de Montmorency, et pour marraine Marie- Renée de Montmorency-Luxembourg, épouse de François-Louis de Neufville marquis de Villeroy, lesquels ont envoyé comme représentants M. Berthe, capitaine des chasses du duc de Luxembourg, et Mlle Saulnier, concierge du château de Mello.
La seconde cloche eut pour parrain Jean-Baptiste Chevallier, écuyer, seigneur châtelain de Lamoussac et Semillac, de Sores-Rivière et autres lieux, et pour marraine Marie-Madeleine de Perthuis, épouse de M. Alexandre de Rieux, écuyer, seigneur de Sarrazin, capitaine au régiment de Champagne.
Le parrain de la troisième fut Charles Vaudée, maître menuisier de Mgr le duc, à Chantilly, et la marraine la veuve de Gilles Brébant, fermière de Sous-Rivière.
La moyenne et la petite cloche furent refondues plusieurs fois dans la période qui s'étend de 1718 à 1790.
Le 30 août 1739, la petite cloche fut bénite et nommée Marie-Jeanne-Charlotte.

" Le Vendredy premier de juin mil sept cent cinquante neuf a été bénite grosse cloche par nous prêtre de la paroisse de Saint Martin de Cramoisy et a été nommée Marie-Thérèse par Thérèse Nicole Haize femme de Nicolas Le Vasseur laboureur et marguiller en charge de la fabrique de Cramoisy en présence de Nicolas Le Vasseur, de Jean-François Hemort, de Jean Nogl, de Jean Geffroy, de Jean Doucet et autres... ".
Extrait de registre paroissial.

La moyenne refondue en 1764 pesait 100 kilogrammes.

Saint Antoine de Padoue

Cela fait 108 ans que le Saint-Antoine, a été installé dans l'église de Cramoisy.

Un saint Antoine de cire grandeur nature, unique en France, qui n'a d'égal que la statue de la basilique Saint-Antoine de Padoue en Italie. On doit sa présence à Cramoisy à une brave agricultrice, qui habitait rue de la Gare. A force de travail, elle avait réussi à amasser un pécule non négligeable. Mais un jour du début de l'année 1897, elle ne le retrouva plus sous sa litière. La très catholique paysanne, plutôt que d'entamer des recherche, s'en remit à saint Antoine, s'engageant à faire édifier un autel en son honneur si elle retrouvait ses économies. Le miracle se produisit : quelques jours plus tard, elle retrouva ses sous. La dame tint ses engagements et de grandes festivités marquèrent l'arrivée du saint les 10, 11 et 12 octobre 1897.

L'émotion des paroissiens

Les recherches de l'abbé Jacques Peguet, ancien curé de Cramoisy, aujourd'hui décédé, ont permis de retrouver un bulletin religieux du 6 novembre 1897 qui évoque abondamment ces festivités en l'honneur de saint Antoine. « Les anciens du pays, peut-on lire, se plaisent à reconnaître que depuis de nombreuses années, on n'avait vu une telle affluence dans l'église datant des XIIe et XIIIe siècles (...) Le dimanche 10 octobre, quelle ne fut pas l'émotion des paroissiens en pénétrant dans l'église Saint-Martin, magnifiquement parée. Plus de cinquante oriflammes, s'harmonisant par le choix des nuances, entouraient les murs ou, suspendus aux voûtes comme des trophées de victoire, proclamaient les gloires de saint Antoine de Padoue. »
L'auteur de l'article s'extasie ensuite sur l'autel, « sorti des ateliers de Buisine à Lille », et sur « l'exécution irréprochable des deux panneaux sculptés, représentant l'un saint Antoine recevant la règle et l'autre le miracle de l'âne se prosternant devant le Saint-Sacrement. »
Quant au saint Antoine en cire, il fut réalisé par un modeleur de la faculté de médecine de Paris, du nom de Talrick. « La messe fut chantée avec un diacre et un sous-diacre, et à l'offertoire des artistes de Paris heureux de répondre à l'invitation de monsieur le maire, Joseph Patiny, donnèrent les sensations les plus douces par le jeu savant, délicat, tendre et harmonieux avec lequel ils interprétèrent les morceaux des grands maîtres (...)
Après le sermon eut lieu la bénédiction de l'autel et des deux statues et la cérémonie pris fin à 12 h 30 pour reprendre à 14 h 30. Là, l'assistance était plus nombreuse et on avait réquisitionné toutes les chaises du pays car il n'y avait plus de places assises dans l'église. »
Ainsi naquit à Cramoisy, grâce au bas de laine perdu d'une paysanne, la dévotion à saint Antoine de Padoue.A l'occasion de la Saint-Antoine (à la mi-juin), tout Cramoisy et des pèlerins, venus des villes environnantes, respectèrent longtemps cette pieuse cérémonie en l'honneur du « tridium », qui débutait le vendredi pour se clôturer le dimanche par une grande messe en entonnant le célèbre cantique : « Oh ! saint Antoine, veillez sur nous. Oh ! saint Antoine, protégez-nous. »

Les sandales de cuir de saint Antoine

En 1942, sous l'occupation allemande, l'abbé Victor Claude, curé de la paroisse, en présence des enfants de choeur eut la désagréable surprise de constater la disparition des sandales de cuir de Saint-Antoine de Padoue. Quelques jours plus tard, celles-ci étaient de retour à Cramoisy, sur les marches de l'autel. Remords du ou des voleurs ? Sandales trop petites ou trop grandes pour le malfrat ? Toujours est-il que le miracle s'était produit une nouvelle fois.

Etienne FRAMERY pour Le Courrier Picard

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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