C'est en mai 1899 qu'étaient déposés en l'étude de Maître
Moyne, notaire à Paris, les statuts de la société Parvillée, société parisienne
d'électricité.
Les ateliers de la rue Gauthey devenant insuffisant,
M. Jaquet abandonne la présidence du Conseil pour prendre la direction effective
de l'affaire. Avec un dynamisme et une compétence remarquables, avec une foi
ardente dans l'avenir de la porcelaine electro-technique, avec la collaboration
d'un jeune mécanicien de la Marine, E. Labèque qui deviendra directeur de
l'usine et le restera jusqu'à sa mort, il se consacre à la création d'une
nouvelle usine sur un terrain que possède la société de Cramoisy, sur la rivière
le Thérain, et qui est raccordé à la ligne de chemin de fer de Creil à Beauvais.
Dans une usine de céramique, la pièce maîtresse est
l'outil de cuisson et sur ce point, la direction de Parvillée innove. Elle
abandonne le principe du grand four à foyers latéraux dits "alandiers" seul en
usage dans l'industrie de la porcelaine de table; elle édifie une batterie de 16
fours de petite dimension alimentée par gazogène et dans laquelle le feu
"tourne", chaque four en cuisson recevant l'air chaud des fours précédents en
cours de refroidissement et réchauffant par ses gaz de combustion les fours
suivants; d'où une récupération de calories qui réduit de façon intéressante la
consommation de combustible.
La direction de 1900 eut également le grand mérite de
saisir l'intérêt qu'il y avait à adjoindre à la fabrication des isolateurs,
celle des ferrures galvanisées destinées à les supporter; ce qui permettrait à
la clientèle - notamment aux installateurs - de trouver chez un même
fournisseur l'armement complet du poteau.
Ainsi constituée, à la fois porcelainerie et forge,
l'usine de Cramoisy devient un important fournisseur de tous les organismes
construisant des lignes. Mais la technique électrique suit des progrès
incessants et la tension d'utilisation monte d'année en année. Les fabrications
de Cramoisy évoluent parallèlement : en 1907, on livre des isolateurs de ligne
45 000 volts, en 1908, 50 000 volts, en 1912, 60 000 volts.
La guerre de 14-18 n'arrête que pendant quelques semaines,
la marche de l'usine qui fournit au cours des hostilités, et malgré sa proximité
du front, des centaines de milliers d'isolateurs et de ferrures aux P.T.T. et
aux réseaux de chemin de fer.
Après guerre, les fabrications de Cramoisy évoluent. Après
les isolateurs de ligne, on aborde le matériel de postes: en 1920 les
traversées, en 1923 les importants supports appelés "pillars" éléments
constitutifs des colonnes supportant dans les postes en plein air les barres et
l'appareillage; enfin en 1926, l'isolateur suspendu qui révolutionne la
technique des lignes à haute tension.
Et l'évolution ne s'arrêtera pas là. Au cours de son
demi-siècle d'existence, l'usine de Cramoisy a exécuté 5 800 modèles de pièces
en porcelaine dont les dimensions vont de 5 mm à 1,67 m et 2 000 types de
ferrures. Sans doute, l'ancienneté ne constitue pas à elle seule une référence,
mais elle en est un élément de valeur surtout pour une matière comme la
porcelaine dont les imperfections ne se révèlent quelquefois qu'au bout d'un
long temps. De ce point de vue, il n'est guère de marque pouvant rivaliser avec
celle-ci :

               
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